Voeux 2015 : Ce que je voulais dire... Réflexions d'André FLAJOLET, Maire de Saint-Venant

Vœux 2015 : Réflexions d'André FLAJOLET, Maire de Saint-Venant

Ce que je voulais vous dire ....

2015 déroge à la tradition des vœux car l'espérance et l'optimisme semblent déserter les cœurs et les esprits tant les réalités au quotidien sont difficiles à vivre parce qu'elles n’offrent pas de perspectives d'avenir plus serein et plus juste.
De plus, la France était en deuil nationale, atteinte dans ce qui fait son essence et sa fierté, par un attentat indigne contre la liberté de la presse et contre toutes les libertés. Si le voile noir de la violence s'étend ainsi, sachons répondre autrement que par l'enfermement ou la vengeance aveugle.

Mes remerciements iront à Christian et la secrétaire générale, aux élus et à leurs familles, à celles et ceux qui nous ont accompagné jusqu’en mars, aux nouveaux qui font l'apprentissage des responsabilités, la découverte de tous les rouages administratifs, parfois aussi goûtent les fruits amers de l'indifférence des uns, de kl'irresponsabilité comportementales des autres, de l’égoïsme de certains.

Ainsi va la vie de l'élu au gré des grandeurs et servitudes de la vie publique où la seule boussole doit être le devoir ; boussole bien souvent oubliée ou ignorée par les donneurs de leçons qui n'investissent pas l'espace public.

Le devoir s'exprime dans l'exigence pour l'activité du personnel, quel que soit son statut car sa mission est de service public et son salaire de l'argent public.

Le devoir est présent dans la gestion des fonds publics où, dès 2014, nous avons suppléé l'Etat dans ses désengagements pour la réforme des rythmes scolaires comme nous le remplacerons dès 2015 pour l'instruction des permis de construire à partir de juillet 2015, pour ne citer que ces deux exemples.

Le devoir enfin, c'est assurer le lien social et culturel dans un Etat qui ne porte plus pour lui-même la capacité de respecter ses engagements avec un chapelet infini de promesses non tenues et de reniements incessants, alors que les conditions internationales avec un pétrole dont le prix de brut a été divisé par deux et un euro faible, sont des accélérateurs de reprise partout en Europe sauf en France qui pousse 1 000 personnes chaque jour ouvrable vers le chômage et reporte les charges financières qu'il n'est pas en capacité d'assumer sur les communes. Ce que je sais c'est que les moyens financiers de la commune seront diminués, ce que je sais c'est que les charges ont augmenté : la masse salariale grimpe mécaniquement de 3%, les nouveaux rythmes scolaires présentent en année pleine 4 points de fiscalité, les soutiens du Conseil Général, du Conseil Régional et de l'Agence de l'Eau sont dès maintenant plus difficiles à obtenir et moins importants.

La République exemplaire est absente dans tous les compartiments de la vie publique et je remercie Benoît DELBECQUE d'être porteur de nos espérances dans l'élection départementale de mars 2015, avec Carole BATAILLE comme partenaire.

Christian vous a déjà tracé des perspectives avec en particulier la construction de la gendarmerie, la poursuite de la rénovation de l’hospice et la réduction des friches industrielles.

En parallèle, nous entrerons dans la réalisation d'un plan local d'urbanisme intercommunal, dans une réflexion sur le devenir et le périmètre de notre intercommunalité, dans l'instruction des permis de construire à partir de juillet 2015 puisque l'Etat se désengage.

Tout ceci se fera sur fond de réduction de moyens, le slogan de l'Etat pouvant se résumer dans cette formule lapidaire : "Communes je serre votre ceinture, j'augmente vos charges et débrouillez-vous".

Localement, la liste des nouveaux impôts à charge des ménages et la diminution des enveloppes financières se traduisent déjà par une baisse d'activités dans l'association d'aide à domicile, une recrudescence des aides fournies par le collectif des associations caritatives, une fin d'année difficile pour les finances de l'EPSM et de la Maison de retraite, une diminution importante de notre résultat comptable dans le budget communal.

C'est pourquoi le Conseil aura à revisiter tous les chapitres des dépenses de fonctionnement, à étaler dans le temps certains investissements, à organiser une gestion active de notre patrimoine municipal qui s'est beaucoup étoffé au fil des années et saisir d'éventuelles opportunités de vente sur le marché immobilier, réfléchir sur certaines gratuités ou libéralités qui ne se justifient plus.

Ce qui est en cause est d'abord et avant tout l’inadéquation de nos structures, trop nombreuses et parfois inutiles, notre refus de prendre en compte une mondialisation qui s'impose dans les faits et dans nos achats, l'"illusion que notre pays peut s'exonérer de règles qui s'imposent à tous les pays du monde.

Il ne s'agit pas de faire peur mais de faire prendre conscience. Depuis 25 ans, nous avons privilégié l'investissement et les projets pour être une commune accueillante et à hait niveau de services. Cette année encore et Christian l'a rappelé : nous allons investir un total de 4,7 millions HT pour la Gendarmerie, le PSIG et l'urbanisation de la zone. L'emprunt est garanti par les loyers, la réalisation des ventes de terrains devenus à bâtir suite à la réalisation des voiries et des soutiens financiers obtenus quand les temps étaient meilleurs.

C'est pourquoi :
Il faudra que notre commune soit encore plus active dans les lieux décisionnels : tel est le sens de mon engagement à la présidence du Comité de Bassin Artois Picardie, lieu stratégique pour la définition des politiques de l'eau, l’assainissement, la lutte contre les inondations. Un travail considérable a été fait au sein du SYMSAGEL que j'ai créé et présidé de nombreuses années, il reste encore beaucoup à faire mais l'instance semble aujourd'hui plus en sommeil su'en éveil et la défense de quelques intérêts locaux semble primer au détriment de l'intérêt général...

Les citoyens d'ailleurs ne sont pas dupes même s'ils sont exaspérés. Ils veulent des actes pour plus de justice et de justesse, un partage plus équitable des efforts et surtout des résultats. Quand l'incantation et la suffisance par le verbe se substituent à l'action réformatrice ou créatrice, la porte est déjà ouverte pour que l'électeur se détourne des représentants de cette impuissance et se réfugie dans l'indifférence ou la révolte stérile.

Ces digressions sur le monde et ses drames, sur la place réelle du politique face aux slogans et aux postures sont d'autant plus nécessaires que nos comportements et nos attentes sont marquées par la montée de l'individualisme et le désir d'immédiateté alors que la situation à tous les niveaux de décision et de responsabilité nécessite solidarité active et partage d'une part, effort et épargne d'autre part. Aujourd'hui, être Syrien, être chrétien d'Orient, c'est risquer sa vie à chaque minute. Si nous n'apportons pas notre contribution sur les sites de vie, les slogans sur la fermeture des frontières et la régulation des migrations ne sont que des paroles vides de sens et de contenus.

Notre feuille de route est ainsi tracée pour les années à venir ; elle aurait pu être volontaire, elle sera contrainte tant les politiciens ont usé et abusé du rêve pour accéder au pouvoir et aujourd'hui pour s'y maintenir.

Ce qui est vrai de la nation et de l'Europe l'est aussi pour notre ville. Grâce à notre communication Saint-Venant Deux Point Zéro, grâce aux réseaux sociaux, nous pourrons échanger au quotidien et assurer cette respiration démocratique si nécessaire.

Dans les semaines qui viennent, alors que nous ne connaîtrons la réalité de nos moyens financiers qu'en avril, nous allons donc élaguer nos dépenses et certaines prestations dont les fondements n'ont plus de réelle légitimité, mutualiser peut-être nos achats, réviser les prix de nos services pour qu'ils soient plus authentiques. Ceci se fera à la fois ici et dans l'intercommunalité.

Cependant, notre confiance en l'avenir est intacte car nous savons que les citoyens sauront corriger les inadéquations du pouvoir au fur et à mesure des choix qui leur seront proposés, nous savons que les faits rendront exigibles d'abord, réels ensuite les changements de structure et de gouvernance, nous savons que notre pays a des ressources humaines pour aller à l'essentiel et de séparer des slogans simplistes.

Ici, à Saint-Venant, ville de soins par tradition, nous voulons aussi écrire la modernité des petites villes et valoriser notre part d'avenir : de nouveaux projets émergent mais la concurrence est vive et les discussions intenses. Les derniers ajustements financiers pour la rénovation des maisons Hue et Duquesne afin de réaliser des logements étudiants sont en discussion, la construction de nouveaux logements a été validée et nous sommes en attente d'une commercialisation suffisante pour lancer le chantier, la rénovation du Moulin n'est pas à l'ordre du jour car nous n’avons pas identifié la pertinence du marché et trouvé l'équilibre financier.

Au seuil de cette année, à travers une lecture lucide de nos handicaps, nos obstacles, je veux dire à chacune et chacun notre volonté de sortir par le haut de nos difficultés, dire notre engagement à s'investir pour changer les pouvoirs et leurs certitudes qui conduisent à l'impasse, dire notre disponibilité pour changer les logiciels désuets qui régissent si mal les réalités de la vie, dire enfin que Saint-Venant, c'est notre vie, c'est notre Ville !

A toutes et tous, bonne année 2015 !